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L'être humain est complexe, et je le suis aussi. Mes préoccupations sont multiples et mes sujets également. Mon blog est  hétéroclite, non parce que je m'emmêle mais parce que mes différentes facettes s'expriment ici, le refus de l'étouffement de ma liberté d'expression, le déni du silence car seuls les cris peuvent soulager le dégoût que provoque la situation politique algérienne, mais aussi un mal de vivre plus ou moins profond qui fait partie de mon existence depuis que mon esprit sait aligner des idées.

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Lundi 25 avril 2011 1 25 /04 /Avr /2011 22:27

 

Ne laisse pas la tristesse t'étreindre avant que la terre te prenne dans son sein. Omar Khayyam.

 

Cher Omar,

 

La tristesse et moi sommes amants de longue date. Ensemble nous avons enfanté bien des crises d'angoisse, de périodes de mélancolie et de dépressions de diverses intensités selon la gravité des faits que je me reprochais.

J'ai bien essayé de m'en débarrasser mais c'est un des rares sentiments avec lesquels je me sens à l'aise, alors que les autres j'ai toujours l'impression que je les ai empruntés et que je dois les rendre avant que quelqu'un ne m'accuse de les avoir volés. Au moins la tristesse, personne ne me l'arrache des mains au moment où je m'y attends le moins.

Cher Omar, être triste c'est bien aussi parfois. Ça donne des idées, même si elles sont noires, ça fait réfléchir, sans compter que les larmes contribuent à avoir les yeux bien propres pour voir la vie du mauvais côté, certes, mais du côté le plus réaliste aussi.

Être réaliste, c'est pas toujours drôle mais ça permet d'apprécier les rêves à leur juste valeur et de détester les Hommes pour de bonnes raisons. C'est toujours mieux que de les aimer sans connaissance de cause.

 

Cher Omar, je sais que c'est toi qui as raison, mais moi au moins je sais pourquoi j'ai tort. Quand je suis ni heureuse, ni fatiguée, ni en colère, je suis bien contente que la tristesse vienne pour combler le vide, même si parfois elle s'invite au milieu de la joie pour me gâcher le plaisir. Je me dis que c'est parce que quelque part, à sa façon, elle m'aime un peu, elle m'aide à préparer la chute, qui est irrémédiable. Je suis en permanence sur une pente descendante mais depuis le temps qu'on descend je me demande quand même si ça va s'arrêter un jour. Je crois que la vie c'est un puits sans fond de ce côté-là, pas comme les puits de pétrole.

 

Tu sais Omar, la vie c'est long et c'est court à la fois, et être heureux tout le temps c'est pas normal surtout dans le monde dans lequel on vit. Peut-être qu'à ton époque c'était différent, mais je crois que l'homme a toujours été un cas désespéré. Je préfère la tristesse à l'hypocrisie de sourire à ton existence quand elle te crache dessus.

 

C'est une belle histoire qu'on a elle et moi, et le jour où elle sera finie, je saurai que c'est pour le meilleur parce que le pire sera passé.

 

Merci de m'avoir écoutée Omar. J'espère que t'es pas triste, pas parce que t'aimes pas ça, mais parce que j'aime pas partager.

 

A+

 

A comme Algérie


Par A comme Algérie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 12 février 2011 6 12 /02 /Fév /2011 01:11

 rassemblement-supporter-algerien-grande-poste-alger.jpgDepuis la chute spectaculaire de Ben Ali, les sujets des dictatures de ce monde n'aspirent qu'à voir leurs tyrans faire eux aussi un vol plané et s'écraser définitivement. Pourtant, les démocraties occidentales et les dictatures en place s'accordent à dire que les peuples opprimés ne sont pas encore capables d'apprécier cet Etat de droit qu'ils revendiquent. Tendance à l'islamisme, absence de cours de Présidence de la République à l'école, toutes les raisons sont bonnes pour nous laisser préparer tranquillement la démocratie dans la misère et la fermeture médiatique (ou comment apprendre les claquettes à un cul-de-jatte). Cette opinion s'est frayée un chemin jusque dans la population elle-même, puisque certains affirment que nous méritons notre sort, preuve que le lavage de cerveaux a fait son effet.

 Je ne crois pas qu'il y ait de peuples prêts pour la démocratie, je pense qu'il faut y aller et s'y adapter, et non pas s'y préparer en attendant qu'elle arrive. Qui nous dira que nous sommes prêts ? Un président élu par la fraude ? Un pays occidental consommateur de pétrole ou de séjours en pension complète ? La solution ne viendra jamais d'en haut, ni de l'extérieur. La solution doit venir de nous.

 

 Moubarak, qui a vacillé pendant des jours, a donc fini par céder et lâcher son trône. Qui sera le prochain ? A la veille du match entre le peuple et le pouvoir algérien, on aurait bien une idée, ou plutôt, un espoir. Car si l'autorisation de marcher à Alger a été refusée pour raisons de sécurité, on aimerait penser qu'en effet, après la chute des régimes tunisien et égyptien, c'est la sécurité du régime algérien qui est compromise. Le fait d'autoriser 40 journalistes étrangers à couvrir un évènement sensé ne pas avoir lieu n'est qu'une manipulation de plus de la part d'un pouvoir qui se sait illégitime et restera, quoiqu'il arrive, l'aveu d'une faiblesse.

 

 Personne ne sait ce qu'il adviendra du mouvement de demain, mais aujourd'hui 11 février, il est encore permis de rêver. C'est un luxe que nous pouvons rarement nous permettre.

 Alors rêvons, et demain, (de)venons nombreux.

 

 Nanou


Par A comme Algérie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Vendredi 3 décembre 2010 5 03 /12 /Déc /2010 22:38

- T'as entendu la nouvelle ? WikiLeaks livre tous les secrets de la planète !

- Des secrets genre comment résoudre le problème de la faim dans le monde ou empêcher l'avancée du désert ?

- Mais non, ça, ça n'intéresserait personne.

- C'est sûr. Surtout s'il s'agit de l'avancée du désert dans l'esprit des gens…

- Tu imagines, des échanges entre diplomates du monde entier rendus publics, c'est fou non ?

- Oui, c'est comme si tes conversations MSN étaient publiées sur un blog.

- Mais non, c'est un peu plus sérieux que ça.

- Ah ben oui, émoticônes compris bien sûr.

- Non mais c'est important ce qui se passe ! On va en savoir plus sur notre gouvernement pourri, sur les tenants et les aboutissants du pouvoir !

- Parce que tu as besoin d'en savoir plus que tu n'en sais déjà toi ?

- Pas vraiment, mais ça pourrait nous aider à agir.

- Tu as raison. On va pouvoir attaquer tout ce beau monde en appelant le TPI, wiki-preuves à l'appui ! A ton avis, le TPI, on le contacte sur Twitter ou sur Facebook ?

- Laisse tomber, tu crois en rien toi.

- Si, je crois que cette histoire de câbles diplomatiques récupérés et publiés par des jeunes rebelles insaisissables, c'est aussi crédible que, tiens, deux avions détournés qui s'écrasent contre deux grandes tours newyorkaises.

 - N'importe quoi. Moi j'aime bien l'idée de savoir que tous les gouvernants du monde tremblent parce qu'on va découvrir…

- … qu'ils sont vénaux, imbus de leur personne, à des années-lumière du peuple et de ses priorités ?

- Non, ça on le savait déjà.

- Que les pays riches veulent être encore plus riches, que les pays pauvres aimeraient bien être riches et que les Egyptiens aiment les pois chiches ?

- Non, on le savait déjà aussi.

- Que l'Iran déteste Israël, qui est protégé par les Etats-Unis ?

- …

- Que Boutef est un être… Bon, disons un être humain, qu'il va finir par claquer un jour et que la question de sa succession se pose, comme dans toute dictature digne de ce nom ?

- C'est bon, laisse tomber.

- WikiLeaks existe depuis des années et c'est précisément aujourd'hui que tout le monde saute dessus. Ne trouves-tu pas que ce synchronisme digne d'un ballet russe a quelque chose d'étrange ?

- Peut-être.

- Je me souviens d'une époque où l'information était vraiment quelque chose de sacré, où on ne nous balançait pas des scoops pour vendre mais par souci de la vérité. Aujourd'hui la vérité se compte en clics. D'ailleurs, qu'est-ce que tu cliques ?

- Tu as raison, j'en ai assez. On est manipulé par tout le monde. Pour arrêter d'être une victime de ce système en livrant des informations sur moi de mon propre gré, je supprime mon compte Facebook.

- Je vois, tu te e-suicides…

 

Nanou


Par Nanou - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires

Dimanche 14 novembre 2010 7 14 /11 /Nov /2010 20:00

 

 Ma réalité c'était l'écriture. Lorsque je voulais graver un instant dans le temps, je l'écrivais. Par les mots il en devenait réel, palpable. Je pouvais, lorsque j'en avais besoin et pour me sentir moins seule, le relire, le retrouver, ressentir ce que je ressentais au moment où il avait lieu. Ecrire c'était ma machine à remonter le temps à moi. Et elle avait le mérite de ne pas embellir le souvenir, il restait tel quel, toujours et pour toujours.

 C'est ainsi que j'ai fixé ce moment, à l'encre violette, sur ce vieux cahier d'écolière dont la couverture, semblable à des milliers d'autres, ne semblent pas cacher les secrets d'une adolescente solitaire. Je ne l'ai appris que plus tard mais l'encore violette n'est pas indélébile. Seuls le bleu et le noir le sont. Alors je suppose que ces souvenirs finiront pas disparaitre finalement.

 Je ne m'étais pas plongée dans ce cahier depuis des années. Je suis retombée dessus par hasard. Il était plein de poussière, un peu corné par le temps. L'écriture était irrégulière. Il y a des personnes qui écrivent toujours de la même manière. Pas moi. Tout dépend de mon humeur, de mon stylo, de ce que j'ai à dire. Je crois qu'on peut dire que j'ai une écriture volage.

 J'ai ouvert le cahier par hasard et je me suis mise à lire. Les tournures qu'aujourd'hui je trouve enfantines, la naïveté pleine de certitude, ou est-ce de la certitude pleine de naïveté ? J'y retrouve ma solitude et mon obstination à le rester .

 Mais la muraille avait une faille.

 J'ignorais alors que la faille se transformerait en crevasse et qu'elle finirait par former une abjecte cicatrice qu'aujourd'hui encore j'arbore comme une blessure de guerre. Mais même si je l'avais su je ne suis pas sûre que ça m'aurait arrêtée. J'étais sur la pente et je le voulais.

 Est-ce qu'on s'est vraiment fait avoir par la vie quand elle ne nous a pas forcés ?

 

 J'ai relu mes mots et je me suis demandée une seconde si le temps des enseignements hypocrites sur la nécessité de souffrir et de ses aspects positifs n'était pas venu.

 Mais je ne le crois pas.

 Je ne pense pas que la souffrance soit une nécessité, je ne pense pas qu'on apprenne plus en se sentant cent pieds sous terre. Je ne pense pas que ce soit là un passage obligé pour être un adulte responsable équilibré et heureux de vivre. A moins que l'équilibre et la joie de vivre ne soient pas le but de cette existence finalement. Y'en a-t-il seulement un d'ailleurs ?  Y'a-t-il une finalité à tout ça ?

 La fameuse question, celle qui revient sans cesse et qui ne trouve pas de réponse. Et je ne la trouverai pas non plus dans ce cahier de 100 pages à spirales.

 Ce cahier, ses souvenirs et ses mots qui ne disent pas tout.

 Mieux vaut oublier. Je l'ouvrirai à nouveau quand je serais prête pour les morales hypocrites dont on est capable que lorsqu'on est détaché. Moi je ne le suis pas.

 Moi je suis toujours attachée.

 

 A comme Algérie


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