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L'être humain est complexe, et je le suis aussi. Mes préoccupations sont multiples et mes sujets également. Mon blog est  hétéroclite, non parce que je m'emmêle mais parce que mes différentes facettes s'expriment ici, le refus de l'étouffement de ma liberté d'expression, le déni du silence car seuls les cris peuvent soulager le dégoût que provoque la situation politique algérienne, mais aussi un mal de vivre plus ou moins profond qui fait partie de mon existence depuis que mon esprit sait aligner des idées.

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Samedi 24 février 2007 6 24 /02 /Fév /2007 07:00
J

’ai décidé aujourd’hui de m’attaquer à l’analyse d’un adage bien connu : l’Amour est aveugle. Travail ardu, n’est-ce pas…

On prête en effet à l’amour cette épithète, mais au lieu de la lui prêter, on devrait surtout lui en faire cadeau, un cadeau définitif, ni échangé ni remboursé. Car si l’on parle de ce caractère comme d’un tort, puisqu’il annihile nos principes, nous empêche de voir la réalité avec objectivité et discernement, provoque chez nous des réactions inattendues que nous finirons un jour par trouver méprisables, il faut bien comprendre que l’amour se doit être aveugle, par essence. Quel autre moyen que la cécité pourrait permettre à un être humain d’accepter les défauts d’un de ses semblables, d’être capable de les lui pardonner comme on se pardonne à soi-même ? Pour aimer, il faut nécessairement fermer les yeux (dans les deux sens du terme), sur les aspects physiques et moraux loin de nos aspirations personnelles, nos rêves de prince charmant intelligent, beau, riche et drôle, ou de princesse charmante que je ne me risquerai pas à décrire. Sans vouloir accuser la réalité de tous les maux de la société, cet état de fait est dû aux circonstances, qui nous font espérer l’impossible pour finalement nous rabattre sur l’accessible.

Et lorsque je dis tout cela, je ne parle pas nécessairement de l’amour entre deux personnes, mais également d’amour patriotique. Comment sans être aveugle peut-on aimer son pays malgré toutes ses tares ? Lorsque l’on dit aimer son pays, (par exemple, pourquoi pas, l’Algérie) il faut un instant devenir amnésique et oublier le Pouvoir en place, ce pouvoir assassin, bourreau et tortionnaire qui a transformé l’Algérie en amant à deux visages. L’Algérie est un Gémeau qui a mal tourné. Pour l’aimer, il faut oublier le manque de travail, de liberté d’expression et de libertés tout court, les manipulations, les coups bas, les mensonges, les magouilles, les faux-semblants, les morts, les tremblements de terre, les inondations, la peste, les invasions de criquets, et j’en passe... Il faut simplement se rappeler que cette Terre est la notre, la seule qui nous appartiendra jamais, et qu’au lieu de l’aimer par dépit ou de la détester par désespoir, il faut l’aimer de son plein gré, pour ne pas devenir fou. On se doit d’oublier le principal pour ne penser qu’au superflu, à la culture (étouffée), aux paysages (pris en otage), aux personnes que nous aimons et avec lesquelles l’Algérie constitue une sorte de modem qui permet de faire la connexion. On se retrouve finalement, compte tenu des hasards de notre Histoire, à nous battre pour aimer en paix un pays en guerre contre lui-même et qui n’est finalement qu’une espèce de beau gosse cruel à la moralité douteuse et aux tendances meurtrières, aux mains douces mais à l’esprit pervers, et dont certains traits de caractères tendent à polir l’aspect extérieur en laissant le foie, la rate et tous les organes internes pourrir dans l’obscurité et l’ignorance, et donc l’indifférence, les plus totales.

Alors, consciemment ou pas, on ferme les yeux sur tout cela, on espère que les choses vont changer… Vous avez remarqué ? C’est une constante au début d’une relation, on croit toujours que l’on va réussir à changer l’autre. Alors en attendant que le miracle ne se produise, on concède, on pardonne, on passe, on s’adapte. Après des années de liaison et quelques (mauvaises) habitudes bien installées ; on finit par s’y faire. Le « pays » nous pardonne nos envies de confort (travail, voiture, maison, vie de famille) en les ignorant et nous lui pardonnons ses goûts de luxe (l’argent du pétrole) en les oubliant.

Parfois, pourtant, comme chez tous les couples mal assortis, c’est la scène de ménage. La goutte d’eau fait déborder le vase, car, fait inhabituel, nous avons eu de l’eau deux jours de suite. Les rancoeurs refont alors surface. L’amnésie est oubliée, ce qui est tout de même un comble (tel est pris qui croyait prendre) et les vieux griefs fusent de l’un à l’autre. « Tu ne m’as jamais aimé » dit le peuple. « Que ne pouvais-tu me laisser vivre ma vie tranquillement, sans me demander davantage que le minimum que je t’accordais ? » répond le pays. « Je mérite mieux que le minimum ». C’est là que le pays, et surtout les mains qui font se mouvoir la marionnette, sortent de leurs gonds. « Puisque c’est comme ça, tu n’auras rien ».

     A la date d’aujourd’hui, on continue à se contenter de rien. En attendant la rupture. Puisse-t-elle arriver rapidement...




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Mercredi 21 février 2007 3 21 /02 /Fév /2007 07:00

   Aujourd'hui, j'ai décidé de parler d'un sujet délicat, et très personnel. Je ne me permettrais pas de dire que je détiens la vérité, loin de là. Je souhaite simplement donner mon point de vue sur un thème sur lequel les avis sont pour le moins divergeants...

   Certains, pour se donner un sentiment d'appartenance, revendiquent leur religion. Ensuite, ils s'amusent à "affubler" cette religion de principes imaginaires, qui, selon eux, les mettent en valeur, mais qui en réalité, dégradent l'image de toute la communauté, puisqu'ils illustrent leur étroitesse d'esprit et leur idées rétrogrades. Une poignée d'empêcheurs d'ignorants s'expriment à la place des autres, et les préjugés font le reste. Et souvent, comble du ridicule, ces personnes mêmes qui ordonnent les principes à suivre aux pauvres pécheurs ignorants que nous sommes, sont les premières à se permettre de les outrepasser. A une distance de deux minutes de leur voeu de chasteté, on les retrouve dans le premier cabaret de la ruelle, qui malgré l'éclairage faible, n'empêche pas de reconnaitre leur faciès déformé par l'envie.

   Pour moi, la religion est au-dessus des considérations matérielles, elle est totalement personnelle, voire même intime. C'est un soutien et un réconfort, une force à laquelle on peut se raccrocher en cas de faiblesse. C'est surtout une interprétation propre à chaque être et qui n'a nul besoin des remontrances des uns ou des autres, qui nécessite certes des règles à suivre, mais pas de ligne de conduite à avoir au sein même de ses pensées. L'humanité n'est pas uniforme, la pensée non plus.
   Je refuse de croire que la population soit vouée à ressembler à une réunion de clones, tous pareils les uns aux autres. Je refuse de croire que la diversité soit incompatible avec la religion. Et je refuse de croire qu'un simple homme soit à même d'expliquer des principes divins, qu'il puisse s'ériger en donneur de leçons, alors que comme tout être humain, il a ses défauts et ses faiblesses.

   Pour moi, les principes les plus importants à suivre sont l'humilité, la modestie et la tolérance. La croyance est fonction de la sensibilité de chacun et la sincérité prime sur ces principes distribués à la va-vite, comme les cartes de visite des médiums à la sortie du métro. La religion est une belle chose, et parfois elle devrait être rapportée à cela, pour ne pas l'oublier.

       A suivre...


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Lundi 12 février 2007 1 12 /02 /Fév /2007 21:37

Le régionalisme est un phénomène récurrent dans notre société et au fil des années, il devient de plus en plus populaire. Il s'agit de la préférence de sa région d'origine ou d’habitation à l'exception des autres. Elle peut concerner une région, une wilaya, une daïra, une commune, une ville, un village, un quartier... Comme tous les traits de caractère humain, il en existe différents degrés, du simple attachement à la haine des autres. Et comme chacun sait, le dictionnaire définit également le régionalisme comme un courant artistique américain de la fin des années 1930 (surprise ?).

Il est assez naturel d'avoir une affection particulière pour la ville qui nous a vus naître ou grandir, celle où se trouve la demeure qui a abrité plusieurs générations de notre famille. On en conçoit une fierté gratuite, facile, qui ne demande aucun effort de notre part. Dans le chaos de la société actuelle, c'est un réel besoin de revendiquer son appartenance à un lieu, à une terre, car elle apporte une stabilité, un point de repère à nos existences. La terre ne change pas, la terre ne trahit pas, la terre ne juge pas. Et cet amour de la terre se prolongera tout naturellement à ses habitants. D'office, on aimera son "compatriote", on parlera le même langage, on lui trouvera des qualités et on aura l'impression de retrouver chez lui des traits de caractère propres à notre région. On discutera ensemble de lieux que l'on connaît, on aura peut-être côtoyé les mêmes personnes. On sera liés.

Malheureusement, parfois, ce sentiment d’appartenance, cet esprit de clan peut mener à un autre sentiment, moins noble celui-là : la haine. De même que l’on se sentira solidaire de son voisin, on rejettera l'étranger, car il sera différent, il aura un accent, une façon de parler qui seront prétextes aux moqueries. On ne peut pas lui expliquer, il ne comprendrait pas. C'est le degré extrême du régionalisme, le rejet et le mépris.

Dès lors que l'on dépasse le cadre de son pays, on se met à parler de nationalisme. Et de la même manière, ce nationalisme peut mener au racisme. Fait similaire, à un degré plus important.

Certes, ce phénomène existe, c’est indéniable, au point que parfois, c’est son fantôme qui rôde autour de nous. Et l’on se voit taxé de régionaliste sous n'importe quel prétexte. Bien sûr, à chaque fois, il ne s’agit pas de se faire traiter de régionaliste "gentil"…
      "J'adore Constantine !" "Tu es régionaliste !» (sous-entendu, tu détestes les 47 autres wilayates)
   "De quelle origine es-tu ?" "Kabyle." "Tu devrais dire algérienne, tu es régionaliste !» (sous-entendu, tu détestes les arabes en général)
     "J'aime le rap algérois." "Ça veut dire que tu n'aimes pas le rap oranais, tu es régionaliste !" (sous-entendu, tu as un plan secret pour couler le rap oranais).

Aimer sa commune d'origine ne signifie pas que l'on déteste les autres. Avoir une affection particulière pour le quartier qui porte tous nos souvenirs d'enfance ne signifie pas que l'on déteste les autres quartiers. Dire que l'on est kabyle au lieu d'algérien ne signifie pas que l'on est arabophobe. C'est la réponse directe à la question qui suivra inévitablement "ah, tu es algérien, et de quelle ville ?" Depuis quand le complément d'information est-il devenu un crime ?

Heureusement, nous pourrons désormais rétorquer à celui qui nous affublera de ce qualificatif : "tu parles de ce courant artistique américain ? Désolé, je n’étais pas né dans les années 1930…"

Accuser quelqu'un de régionalisme, c'est la réponse facile lorsque l'on se sent soi-même atteint pour ses origines, menacé dans son identité. On attaque avant d’être attaqué. Mais ne s’agit-il pas en réalité d’une réponse de régionaliste ? Quelle autre raison pourrait expliquer cette paranoïa ? Etre régionaliste ou brandir constamment le drapeau du régionalisme ne sont qu’un seul et même fléau.

Oui, le régionalisme existe, mais il faut réfléchir à deux fois avant d'en accuser son interlocuteur. La vie n'est pas si simple, l'esprit humain, j'ose le croire, se situe au-delà de ce genre de considération. Il faut voir plus loin que cela, une personne n'est pas une ville, ne représente pas une ville. En aucun cas. Une personne est d'une plus grande complexité et ce qui la rend unique dépend avant tout de son vécu. Il est insultant de passer outre tous les aspects de sa personnalité pour la réduire à un point sur une carte. Il faut l'écouter avant de parler. Car l'échange est avant tout une source d'enrichissement.



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