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Texte Libre

L'être humain est complexe, et je le suis aussi. Mes préoccupations sont multiples et mes sujets également. Mon blog est  hétéroclite, non parce que je m'emmêle mais parce que mes différentes facettes s'expriment ici, le refus de l'étouffement de ma liberté d'expression, le déni du silence car seuls les cris peuvent soulager le dégoût que provoque la situation politique algérienne, mais aussi un mal de vivre plus ou moins profond qui fait partie de mon existence depuis que mon esprit sait aligner des idées.

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Samedi 29 novembre 2008

 Si tu crois qu'une présidence à vie n'est pas démocratique, que voter blanc c'est la seule alternative que nous laissent les bulletins de vote, que l'urne algérienne est un personnage bien triste qui a eu la malchance de tomber du mauvais côté de la barrière de l'Histoire, alors tu n'as rien compris à l'Algérie.
 Si tu vois tout en noir et que tu broies du noir alors que partout s'affichent les mines rougeaudes de nos gouvernants réjouis, c'est que tu n'as rien compris à l'Algérie.
 Si tu estimes qu'un enfant et un vieillard fuyant sur le même bateau de fortune ressemble à une caricature de la fin du monde, que le nombre de couffins du ramadan qui augmente chaque année devrait être une honte et pas une fierté, alors tu n'as rien compris à l'Algérie.
 Si tu t'imagines qu'un terroriste est mieux dans une prison qu'à tenir l'épicerie au coin de ta rue, que la police devrait s'en prendre à ceux qui tuent plutôt qu'à ceux qui critiquent le président pour des erreurs que lui-même avoue, qu'un journaliste n'a rien à faire dans une prison, alors tu n'as décidemment rien compris à l'Algérie.

 Si tu penses que tout cela est autre chose qu'une cruelle ironie, alors tu n'as rien compris à Nanou.


 "Choisir" d'avoir ce regard sombre n'est certes pas de la facilité. Faut-il être naïf pour oser penser que voir son pays comme une succursale de l'enfer est de la facilité ! Faut-il être inconscient pour croire qu'il est agréable de voir les choses sous l'angle qui donne le moins de perspective d'avenir. Ceux qui voient leur verre à moitié plein savent qu'on ne peut pas se contenter d'étancher une demi-soif de liberté.

 Le peu que nous avons ressemble à s'y méprendre à un rien. Surtout en ces temps de crise où le rien risque de se transformer en moins que rien maintenant que le pétrole devient de plus en plus rkhiss, presque autant que les rkhass qui le vendent. 


 Trêve de jeux de mots bon marché ? ça marche.

 

Par A comme Algérie - Ecrire un commentaire - Voir les commentaires

Lundi 10 novembre 2008

 

 A l'heure où les américains fêtent ce qu'ils espèrent être le changement, la rupture avec ces années sombres, nous, algériens, continuons de nous débattre dans notre marasme, toujours le même, répétable à l'infini. Alors que tout finit par s'user en ce bas monde, notre tragédie continue de se dérouler devant nos yeux avec une obstination et une longévité qui défient la norme. Et notre patience. Même si pour nous rien ne tourne rond, notre histoire elle continue de tourner en rond, ce qui a au moins l'avantage de ne réserver aucune surprise puisque le circuit est fermé, tout comme les esprits et les portes de l'espoir. Alors tout va pour le pire dans le pire des mondes.


 Nous en sommes donc là, à censurer à tour de bras, plus vite qu'on n'arrive à lire les objets des délits. On condamne l'antisémitisme dans un pays où on se permet pourtant de juger les chrétiens. Et où d'ailleurs même les musulmans ne se sentent pas chez eux. Et cela sous couvert de la promotion de la culture.

 La culture. Pauvre d'elle qui déjà se meurt et qui aujourd'hui, à l'agonie, se voit salie au nom d'une cause méprisable. Pauvre culture qui se verra associée à cette ministre dont l'hypocrisie dépasse désormais celle de ses mentors.


 Et comme pour étouffer d'ores et déjà la moindre trace d'un espoir extravagant qui, de manière tout à fait insolite serait venu à germer dans nos esprits perturbés, comme pour nous faire comprendre, au cas où nous l'aurions oublié, que tout cela est notre mode de vie que nous le voulions ou pas, pour nous expliquer que ces manœuvres honteuses sont notre seule et unique alternative, Boutef a amendé, enfin, la Constitution pour se permettre de voler un troisième mandat.

 Peu importe que le vol soit bas.

 

 A cet instant, comme tout le monde, j'ignore si Barack Obama sera à la hauteur des attentes du peuple américain. J'ignore s'il tiendra ses promesses et s'il sera capable de ce changement dont il se revendique. Mais il a le mérite d'avoir une légitimité que seule la démocratie peut donner.

 Ailleurs, la démocratie c'est laisser la majorité élire son président. Chez nous, c'est laisser une minorité choisir un président pour le voir quitter son fauteuil pour son cercueil.

 Alors j'en suis là aujourd'hui, à m'émouvoir du pouvoir de la démocratie tout en pleurant la dictature du pouvoir.



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Mardi 14 octobre 2008
Quelle est l'importance de notre reflet dans le regard d'autrui ? Sommes-nous ce que nous croyons être ou ce que les autres croient voir de nous ? Sommes-nous à l'image de ce que nous sommes ?
 On ne se reconnait pas toujours dans la description que font les autres de nous. Qu'il s'agisse de gens qui nous apprécient ou qui nous méprisent, personne ne semble voir qui nous sommes vraiment, comme des visiteurs observant le paysage d'une même maison mais de fenêtres d'orientations différentes. Ceux qui nous aiment oublieront nos défauts mais ceux qui nous méprisent n'auront aucune complaisance dans leur jugement au risque de perdre de vue la réalité. Aucun des deux n'est objectif, alors quelle importance accorder à chacun ?
 Parfois quelqu'un semble voir à travers nous, nous comprendre comme s'il pouvait lire dans notre âme. Il sera flatteur, parfois à l'excès, mais nous le lui permettrons, pour soigner notre amour-propre profondément meurtri. Le temps passant et faisant son œuvre, son regard changera. Il ne verra plus que nos défauts lui qui ne nous donnait que des qualités. Peu importe le cheminement qu'aura suivi son esprit, il ne pourra plus revenir en arrière et de la flatterie excessive, il passera à la critique abusive. Une seule et même personne peut devenir deux êtres différents. Et comme il est douloureux d'être jugé(e) par celui que nous avions laisser entrevoir une partie de notre âme. Et comme il est difficile d'ouvrir à nouveau les portes de son cœur quand le dernier à être entré a fini par souiller les lieux.

 N
ul ne nous connait vraiment et ne peut réellement nous juger, ni même nous jauger. Mais nous n'existons que dans le regard des autres, nous n'avons pas la capacité de nous donner une essence par nous-mêmes. Comme le disait Sartre dans Huis Clos, l'enfer c'est les autres, mais la vie c'est les autres également. On peut être marginal et refuser ce regard, quel qu'il soit. Nous pouvons choisir la solitude au jugement hâtif, ce vice humain dont il est si difficile de se détacher. Partout et toujours, les gens auront une opinion, un avis tranché sur ce qui est bien ou mal, sur ce que nous devons être, au mépris de ce que nous étions avant qu'ils ne s'invitent dans nos existences. Si tout le monde a une morale imparable et un savoir sans limite, comment se fait-il alors que le monde marche sur la tête, que le bien et le mal n'existent plus et que nous vivions continuellement à la frontière de l'inhumain ? Il est toujours facile d'être sage quand il s'agit des autres. Il est également facile de décider à la place des autres quand on n'a aucune implication sentimentale dans l'histoire que nous voulons réécrire. Il est facile d'être un homme ou une femme bien quand on est détaché(e). Mais la vie, c'est beaucoup de gris, un peu d'obscurité, quelques rais de lumière et énormément de flou. La vie c'est surtout du cas par cas. Si chaque histoire n'est pas unique, elle l'est pourtant pour nous.
 
 Ne me jugez pas pour ce que je ne suis pas. Jugez-moi encore moins pour ce que vous croyez que je suis. Mais ne me jugez surtout pas pour ce que je ne suis déjà plus
.

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Mardi 7 octobre 2008

 Nous sommes le 5 octobre. Liberté titre aujourd'hui que c'est la date qui a changé l'Algérie. Vraiment ? Elle l'a changé comme on peut croire qu'un lifting rajeunit de l'intérieur ; qu'un ravalement de façade sur un immeuble permet de remettre la plomberie en état ; qu'un peu de peinture cache des fissures. Tout cela n'est que vitrine.

 L'Algérie a changé de masque mais 20 ans après, à l'intérieur, elle reste la même âme torturée, étouffée par son propre mal, mal qu'elle ne peut exprimer, mal qui la ronge et qui la gangrène.

 Où est l'ouverture politique ? Une embrasure faussement maitrisée a embrasé le pays et nous a précipités dans la terreur, elle a permis au parti unique de se démultiplier, le laissant lui et ses deux clones régner sans partage sur notre peuple, comme Cerbère, le chien à trois têtes qui gardent les portes de l'Enfer. La démocratie ? Quand avons-nous eu une élection démocratique, avec participation massive des électeurs et sans bourrage d'urnes ?

 Où est l'ouverture du champ médiatique ? A quoi tout cela a-t-il servi lorsque l'on voit ces journaux à la solde du pouvoir flatter l'égo sans bornes d'un despote sans grandeur, nier avec aplomb la réalité de la situation, sa gravité, son caractère tragique ? Et trophée parmi les trophées, cette chaine de télévision unique passée maîtresse dans l'art de la désinformation falsifie les faits et impose le silence aux voix qui s'élèvent contre l'injustice et l'arbitraire.

 Nous sommes en 2008, la censure et la dictature nous asphyxient toujours. Ce n'est pas faute d'avoir revendiqué notre droit à la liberté d'expression, droit pour lequel beaucoup ont risqué leur vie et méritent largement notre respect. Si nous en sommes toujours là, c'est parce que le choix ne nous appartient pas, qu'il ne nous a jamais appartenu. C'est aussi parce que la machine de la propagande nationale, si bien huilée, fonctionne parfaitement sur l'algérien "de base" qui aime les chants patriotiques, le président et El Hadj Lakhdar.

 On a tort de croire qu'aujourd'hui la censure n'est qu'une légende parce que quelques plumes acerbes - qu'ils aimeraient faire taire mais qu'ils utilisent pour illustrer une liberté fantôme - crachent leur venin, sonnant à leurs oreilles comme des fausses notes dans cette symphonie de médiocrité. On a tort de croire que nous pouvons nous contenter de ce que nous avons alors que nous n'avons rien. On a tort de croire que nous avons avancé alors que devant nous la route est encore si longue.

 Le 5 Octobre 1988 a transformé des innocents en victimes. Mais le 5 Octobre 1988 n'a pas transformé des dictateurs en démocrates. Ils sont toujours là. Et nous, sommes déjà las…


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