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L'être humain est complexe, et je le suis aussi. Mes préoccupations sont multiples et mes sujets également. Mon blog est  hétéroclite, non parce que je m'emmêle mais parce que mes différentes facettes s'expriment ici, le refus de l'étouffement de ma liberté d'expression, le déni du silence car seuls les cris peuvent soulager le dégoût que provoque la situation politique algérienne, mais aussi un mal de vivre plus ou moins profond qui fait partie de mon existence depuis que mon esprit sait aligner des idées.

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Lundi 13 avril 2009 1 13 /04 /Avr /2009 18:58


 Voilà, les jeux sont faits, les jeux sont fats, alors que le feu songeait peut-être à se déclarer. En attendant l'allumette providentielle qui viendra provoquer l'étincelle nécessaire au démarrage du processus de carbonisation de ce système démocratique en bois, nous assistons, impuissants, à un raz-de-marée de chiffres. Nous restons sans voix, mais c'est normal puisqu'elles ont été utilisées pour satisfaire l'égo du système. 74% de participation et 90% de suffrages pour le président sortant mais surtout rentrant. Celui qui nous menaçait de rentrer chez lui n'arrête pas de rentrer chez nous, et ce squat commence à nous faire perdre patience.

 Ayons malgré tout une pensée pour celui qui ne cesse de gaver les chiffres tels des oies sans foi pour qu'ils grossissent d'année en année. Et si nous nous plaignons de ces chiffres déjà obèses, je vous donne un aperçu de ce qu'il aimerait qu'on lise dans la presse au lendemain des élections.

 

 La campagne électorale a été un spectacle digne d'un film hollywoodien à très gros budget. Effets spéciaux de taille. Le spectacle s'est poursuivi lors du tout premier meeting du président re-réélu, avec orchestre, danseurs et feu d'artifice. Des clowns étaient également présents mais ce n'était pas pour le spectacle. Devant la foule en délire, Bouteflika est apparu, volant au-dessus du public tel une chauve-souris (littéralement en kabyle, un "âne de nuit", et je pense que la Kabylie peut bien prêter cette expression au président). Sous les acclamations, il est descendu en exécutant une série de figures compliquées puis a atterri devant le pupitre préparé pour lui. Retirant son harnais, il a libéré sa cape de super-zéro. Et le public d'entamer "Min djibalina".

 Lorsque le silence se fit enfin, le nouveau président donna lui-même les résultats des élections. En français et en arabe, parce qu'il maitrise les deux, lui.

 Ainsi parlait Bouteflika :

 "Pour ces élections, le taux de participation a été de 175%. Car le jour du scrutin, tous les algériens se sont présentés au bureau de vote ! Tous sans exception, même les enfants. Et les femmes enceintes ont voté deux fois ! Le président le plus fun et dont tout le monde est fan a été élu à 180% des votes exprimés. Les autres candidats ont obtenu les scores suivants : 0,0000001% pour Louisa Hanoune tandis que le reste s'est partagé un zéro de plus."

 

 Ça c'est de la démesure voyez-vous. Et je ne vous parle pas de la prochaine élection où le monde entier aura voté pour lui. Alors nos chiffres déjà gonflés et gonflants…

 

 Nanou


Par A comme Algérie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 5 avril 2009 7 05 /04 /Avr /2009 22:36

 

 En Algérie, la campagne présidentielle bat son plein. En attendant de porter plainte pour tapage et mensonge éhonté, le mot d'ordre est : faire du vieux avec du 09.

 Réaction en chaîne(s) à l'ENTV avec TV Tamazight et TV Coran. L'éthique devrait-elle aussi interdire le clonage télévisuel ?

 Un DVD de 26 minutes sur la décennie de règne de Boutef : le premier best-of vidéo d'un président algérien.

 Trois des candidats qualifiés de lièvres ont menacé de se retirer de la course électorale. Des lièvres posant un lapin ? El-Mouradia en passe de devenir un zoo ? A quand l'intervention d'un vétérinaire ?

 De son côté, l'opposition non agréée préfère observer de loin car dans cette fable, rien ne sert de discourir, il faut départir à point.

 Les boycotteurs qualifiés de traîtres criminels par Ouyahia. A quand une amnistie pour ces dangereuses crapules ?

 Boutef à Tizi-Ouzou : "je n'ai jamais frappé quelqu'un dans le dos". Le printemps noir, c'était une faute de frappe ?

 Le même, à Médéa : "la drogue, le marché noir et la corruption financent le terrorisme". Et qui est à l'origine de la drogue, du marché noir et de la corruption ?

 Il pousse les citoyens à voter pour "ne pas donner l’occasion aux ennemis de l’Algérie [la main de l'étranger en personne] de dire que les Algériens se désintéressent de la chose politique". Ce qu'il ne dit pas : il ne faut pas non plus laisser dire aux ennemis des algériens que nous nous y intéressons de trop près.

 Les repentis aussi appellent au vote : "seules les urnes trancheront". De toute évidence, l'heure est à la retraite, car avant, c'était eux qui tranchaient.

 Belkhadem prévoit 65% de participation. Soltani en attend 70%. 70 une fois, 70 deux fois… 75% pour Ouyahia ?

 Météo : une perturbation électorale est déjà bien installée sur le pays. Un cycl-one, two, three, viva l'Algérie est en vue. Rafales de vent en perspective. Attention aux retournements. De veste, pas de situation.

 Dernière minute : selon une source qui coule de source, Boutef sera réélu le 9 avril. Annonce des résultats le 10 par Zerhouni. Gros suspense autour de la couleur du costume de Zerhouni.

 

 Nanou


Par A comme Algérie - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 00:48

 8 mars, journée de la Femme

 9 avril, journée de l'Infâme.

 Quel point commun entre ces deux dates mis à part une consonance commutative et une proximité linéaire sur le calendrier ? Pour l'instant, rien, si ce n'est qu'elles me permettent d'introduire la chronique du jour en jeu de mots.

 

 Le 8 mars c'est notre journée, rien qu'à nous, les femmes. Que pouvons-nous faire de toutes ces 24 heures, à part nous dire que c'est un peu mesquin par rapport aux 8760 heures qui constituent l'année, à part avoir l'impression de ramasser des miettes qu'on nous jette avec mépris ? A part remarquer qu'on nous consacre le même genre de manifestation qu'aux handicapés, aux lépreux, à la tuberculose, au SIDA et aux animaux?

 Ainsi se déroule notre glorieuse journée : le matin, on nous rappelle qu'en Algérie les femmes sont exclues du monde du travail, surtout quand elles sont mariées. Que les rares femmes qui travaillent font l'objet de harcèlement sexuel contre lequel une action en justice risque de se retourner contre elles. Que les femmes qui ne travaillent pas sont victimes de violence au sein de leur foyer. Que si elles sont mariées, ce sont leurs maris qui les maltraitent mais que les célibataires n'ont rien à leur envier puisque leurs familles remplissent aussi cette fonction.

 A midi, on nous dit qu'être une femme, c'est être livrée avec l'option cancer du sein et/ou cancer de l'utérus. Qu'être stérile, c'est être un peu moins une femme et qu'être un peu moins une femme c'est un peu être moins que rien.

 Le soir, alors que nous sommes exténuées par cette journée déprimante, on nous signale que les femmes ne sont pas assez représentées en politique, ce qui n'est pas terrible en soi dans un système corrompu, sauf lorsqu'on sait que les deux seules femmes qui font parler d'elles en politique nous font honte.

 

 Le 8 mars à minuit, la journée enfin terminée, on peut être soulagée de reprendre le lendemain un quotidien normal. Le 9 mars, on aura oublié les femmes et, la boucle se bouclant, on pourra se concentrer sur la journée de l'Infâme : plus qu'un mois.



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Vendredi 6 mars 2009 5 06 /03 /Mars /2009 20:08

- Tu vas voter, toi ?
- Voter quoi ?
- Pour le président.
- Quel président ?
- Le président de la République.
- Quelle république ?
- Oui, je sais qu'on est une république bananière dirigée par un régime de bananes, et que dans cette situation bien précise le mot république ne veut rien dire. Mais à part ça, tu vas voter ?
- Après ce que tu viens de dire, tu te demandes sérieusement si je vais voter ?
- Tu réponds toujours aux questions par des questions ?
- Tu as des questions dont les réponses ne me feront pas perdre mon intégrité, ou pire, ma patience ?
- Bof.
- Ah.
- Et sinon, qu'est-ce que tu penses des élections ?
- Bof.
- Ah ?
- C'est une élection dont la principale caractéristique est que personne n'y croit. On s'est fait avoir en 2004 en croyant que c'était différent alors que c'était la même chose. C'est traumatisant de devenir la risée de gens qu'on méprise. En cinq ans, on a vu le temps passer sans changer l'Algérie d'un poil. C'est déstabilisant de vieillir en laissant le pays en être toujours à sa crise d'adolescence. Alors aujourd'hui, traumatisé et déstabilisé, je doute d'être en état d'aller voter.
- Parle-moi de Louisa Hanoune.
- C'est cyclique en Algérie. Tous les dix ans, une femme politique algérienne retourne sa veste. Je ne sais pas si c'est un phénomène de mode ou un vent étrange qui souffle par période. Le réchauffement de la planète doit y être pour quelque chose. En tout cas, comme tu peux le voir, les femmes sont une calamité en politique.
- Et Zerhouni ?
- Triste personnage et nul en maths qui plus est. En déclarant qu'un binational n'est pas algérien il a rendu l'addition soustractive. Sauf s'il s'agit de Zidane bien sûr, lui c'est un algérien bla mzitou et qui ne fait que nous venger à la fois de la colonisation et de la Coupe du Monde 82. En tout cas, comme tu peux le voir, les hommes sont une calamité en politique.
- Quel message tu as pour les jeunes ?
- âaoum bahrek.
- Sérieusement ?
- Sérieusement, je n'ai pas envie de dire que je ne sais pas quoi leur dire.
- Ton discours ne laisse pas franchement beaucoup de place à l'espoir.
- Disons qu'il n'y a plus de place pour l'espoir depuis qu'on sait que toutes les élections sont cousues de FIS blanc.
- Tu penses que ça vaut la peine de crier que ce pays nous fatigue ?
- Bien sûr.
- Si tu n'as pas d'espoir, pourquoi la révolte t'importe ?
- Pour la sauvegarde de la dignité humaine.
- Tu crois qu'il nous en reste encore de la dignité humaine ?
- Nous ne sommes pas tous des Louisa et des Noureddine.
- Et tu crois que la révolte peut changer quelque chose ?
- Je crois surtout que je t'ai envoyé m'acheter un paquet de Rym et que j'attends toujours.
- Bof, attendre, c'est un peu être algérien, non ?
- Bien mon fils, je vois que tu m'écoutes. Tu parles comme moi maintenant



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