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L'être humain est complexe, et je le suis aussi. Mes préoccupations sont multiples et mes sujets également. Mon blog est  hétéroclite, non parce que je m'emmêle mais parce que mes différentes facettes s'expriment ici, le refus de l'étouffement de ma liberté d'expression, le déni du silence car seuls les cris peuvent soulager le dégoût que provoque la situation politique algérienne, mais aussi un mal de vivre plus ou moins profond qui fait partie de mon existence depuis que mon esprit sait aligner des idées.

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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /Août /2010 21:55

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       A l'occasion du 5 juillet et de son cortège de déclarations hypocrites sur une indépendance supposée, toujours revendiquée mais jamais réalisée, sort la mixtape "Bled Chkoupi" produite par Klash 16 et mixée par mes soins. Ce projet réunit pour la première fois des morceaux d'artistes à l'origine de nos pires cauchemars et de nos meilleures traits d'humour noir.

 

 Après une brève introduction, un bon son de brutes pour des dissidents, l'histoire commence avec Atika et "Riyyah", symbole de la démocratie algérienne, une version originale. Ali Low avec "Ih ikhawfou fina" donne le ton dans une parodie qui rend l'album "parental advisory". Il nous revient ensuite avec Aba'See, son compagnon de cellule, pour un feat mythique du début des années 90 : "Doula islamiya bla ma nvotiw".

 Avec le morceau "Kituki ta mère !" Nezzz'ar répond à tous ceux qui se sont demandés qui tuaient en Algérie. Et en parlant de morts, Zer'wall, éradicateur parmi les plus grands, fin dialoguiste et originaire de Batna, nous dit tout dans "Terminator 5.0". Dans un autre style d'éradicateur, Yahia-O, sur une instru sarcastique et méprisante à la fois pour le peuple et les terroristes histoire que tout ce monde s'entretue, débarque avec un morceau devenu un classique : "Terrorisme résiduel". En réalité, le terrorisme est résiduel durant l'Istiraha. Sauf qu'il n'y en a pas.

 Lama Rit, un peu vache, nous laisse entrer dans son intimité avec : "I love Petrole", le morceau romantique de l'album. Mais trêve de confidence avec Zer Honey qui nous met en garde : "DRS is watching you".

 Chaab tente de sortir du silence avec "Yaw hagrouna sadiqi". On se le chuchotait déjà mais peut-être est-il temps de le crier. Encore meilleur en poussant le son à fond.

 Chad Lee, artiste incontournable qui a monopolisé pendant des années le devant de la scène HH (Hanini n'Hanik) figure sur l'album avec un de ses meilleurs morceaux : "Un pays qui n'a pas de problèmes n'est pas un pays…" Et ce n'est qu'un début…

 Belkha'dem et Yahia-O font équipe sur un feat exclusif : "El Koursi connexion". Ce sont deux styles qui se marient pour le meilleur et surtout pour le pire : briguer la première place de la prochaine compil. MC Boodjerra Soul quant à lui est dans Bled Chkoupi comme dans la vie "Mi-pute mi-soumise", car pour être aimé de tous, il a choisi d'aimer tout le monde.

 Chad Lee est de retour et nous assomme avec une vérité qui fait mal "Et notre pays, elhamdoullah n'a pas de problèmes".

 "M'62 w hna nessenaw !" C'est par cette amère constatation que Chaab nous fait sa seconde intervention sur cet album. En ce 5 juillet, c'est l'occasion de s'en rappeler.

 Le mot de la fin appartient à Atika et résume l'opinion générale : "Allah Ghaleb".

 Une kherdja pour finir et montrer la sortie à tous ces artistes. On aimerait éteindre le lecteur CD pour passer à autre chose, mais l'album tourne en boucle indéfiniment depuis des décennies. Et oui, Yaw hagrouna sadiqi !

 

 Nanou


Par A comme Algérie - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 00:01

 Maintenant que la course au Mondial s'est terminée dans un cul-de-sac américain, il est temps de tirer les conclusions de cette grande aventure nationale.

 En un an, le peuple algérien s'est réapproprié l'emblème national utilisé depuis de trop longues années à des fins politiciennes au point qu'il ne signifiait plus rien. Pour la première fois depuis longtemps, il n'a pas été agité en l'honneur d'un dictateur ou de l'un de ses valets ou pour servir une cause comme la réconciliation nationale ou ce genre d'aberration. Les cris et les manifestations de joie n'ont pas été le fait d'une commande express de la présidence et les défilés dans nos rues n'ont pas été une mascarade orchestrée par une machine de propagande. Leurs auteurs n'ont pas été des "Algériens mon amour" déconnectés de la réalité ou des faux joyeux peu scrupuleux voulant profiter d'un système qui n'arrête pas de profiter d'eux.

 Cette fièvre était-elle dans le fond rationnelle ? Je ne crois pas. Mais elle était spontanée et c'est ce qui la rend belle.


 Je déplore en revanche de voir tout cela repris par l'ENTV, l'entreprise à fabriquer de la médiocrité, ainsi que par les politiques, ces entrepreneurs médiocres. Personne ne sera dupe, sans doute, mais c'est l'intention qui compte.


 Ces derniers mois ont été l'occasion pour les Algériens de renouer avec un sentiment que certains ressentaient peut-être pour la première fois et qui, balayant par instant le défaitisme qui est pourtant une maladie génétiquement transmissible chez nous, nous a donné envie de croire. Et oui, c'est bien d'espoir dont je parle. Même si à la fin de certains matchs perdus sans panache le fatalisme est revenu au galop, en règle générale et contrairement à ses habitudes, l'Algérien avait envie d'être le meilleur. Un vrai petit miracle.
 Reste à savoir si toutes ces nouvelles sensations marqueront d'une façon ou d'une autre quelques uns d'entre nous pour que les vexations venues d'en-haut ne rencontrent pas immanquablement un mur d'indifférence...


 A part ça, la Coupe du Monde continue et même sans nous en première ligne, ça vaut le coup de la suivre. C'est tout de même le seul terrain où des petites nations peuvent humilier les grandes. Et où on peut voir certains pays assumer par le biais de leur équipe le poids de leur histoire. La France en était un exemple, et si de black blanc beur elle est passée à black blanc, désormais c'est le black-out. Alors, out aussi les blacks ?


 Finalement, à part l'étalage indécent de très grosses sommes d'argent, les défaites amères, les victoires sans gloire, les scandales grotesques, les erreurs d'arbitrage, les coups bas médiatiques et les Égyptiens, le football, c'est quand même un beau sport.

 

 Nanou

 


Par Nanou - Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires

Mercredi 30 juin 2010 3 30 /06 /Juin /2010 00:00

 

 Ces derniers jours ont été riches en commémorations en tout genre. Il y a d'abord eu l'anniversaire du Printemps Berbère qui a fait du combat pour la démocratie et la reconnaissance identitaire un trentenaire amer et aigri alors qu'il aurait dû être un éternel adolescent. Puis nous avons eu la journée de la Liberté de la Presse, qui presse toujours, et enfin les 65 ans du 8 mai 1945, date de répressions meurtrières menées par une autorité illégitime, les premières d'une longue série. Des célébrations qui ont toujours un sens puisqu'on a toujours quelque chose à dire sur ces sujets.

 Tout cela pour dire que l'Algérie, c'est un pays qui ne change pas avec une population à chaque fois la même et à chaque fois différente.

 La preuve : le 151342ème livre à polémique vient de sortir, on nous annonce pour la 2153ème fois l'extradition prochaine de Moumène Khalifa et l'Algérie va adhérer à l'OMC incessamment depuis une quinzaine d'années. Un énième scandale secoue les hautes sphères, le métro d'Alger va être terminé à la fin de l'année - depuis vingt ans - et le champ médiatique sera ouvert inéluctablement sauf qu'on ne nous a pas dit quand.

 Apparemment, le marasme a de beaux jours devant lui. Pas de mieux en vue donc, sauf s'il s'agit de trouver les moyens technologiques de museler l'opinion publique. Quand il suffisait de surveiller des éditions papier des journaux nationaux que l'on contrôlait grâce à un monopole paradoxal des imprimeries, aucun problème. Maintenant qu'il faut surveiller les cyber-avis d'Algériens non-identifiés, c'est autre chose. Mais impossible n'est pas algérien et la machine à faire taire est en marche.

 Pourquoi au juste ? Tout le monde sait que nos dirigeants sont pourris jusqu'à la moelle, qu'il n'y a rien à en tirer ni aujourd'hui ni demain, que tout est louche et pas honnête et que rien ne se passe normalement. Sauf que c'est devenu normal. Empêcher les gens de le dire ne rendra pas les faits moins vrais et cacher le soleil avec un tamis n'a jamais effrayé le soleil mais finira sûrement par brûler les doigts de celui qui tient le tamis.

 

 Cela dit, nous ne sommes pas les seuls chez qui l'histoire se répète inlassablement comme un disque rayé. Une fois n'est pas coutume, nos voisins du nord vêtus de probité candide et d'une armure blanche veulent interdire le niqab pour sauver la dignité de la femme. Il était temps de penser à la dignité de la femme dans un pays où l'inégalité des salaires est une valeur nationale… Dieu sait si l'idée de se couvrir la tête ne m'est pas particulièrement sympathique mais comme pour tout, il y a l'art et la manière, et dès lors qu'on avance des arguments qui peuvent faire plus de mal que de bien, il ne sert à rien de débattre. Mais ce que je retiens c'est cette manie de vouloir civiliser les masses ignorantes aux mœurs si étrang(èr)es. Le coup a déjà été tenté et de mémoire, ça s'est très mal terminé.

 

 L'actualité ne prend donc pas une ride, à croire qu'elle est accroc au Botox. Ce qui me fait dire que le changement, si changement il doit y avoir, prendra du temps. Mais un espoir subsiste : l'espérance de vie augmente, nous avons donc de plus en plus de chances de le voir de notre vivant.

 

 Nanou


Par Nanou - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /Mars /2010 23:37

Début du mois de mars. Quelque part en Algérie. Un couple. La femme est visiblement contrariée.

 

- Et voilà, alors qu'on ne s'y attendait pas, un 8 mars nous tombe à nouveau dessus…

- On s'y attendait quand même un peu, ça arrive une fois par an, entre le 7 et le 9. Donc jusque là, tout est normal.

- Ce qui n'est pas normal c'est que le 8 mars soit la seule et unique journée de l'année durant laquelle on peut parler de la femme.

- Tu voudrais qu'il n'y ait pas de Journée de la Femme du tout ?

- Je voudrais que d'un accord tacite avec les hommes, tous les jours soient à 50% pour vous et à 50% pour nous, sans séparation, sans délimitation, entremêlés comme le sont nos vies. Et ce concept innovant s'appellerait "égalité légitime du partage du temps alloué à nos existences…".

- "…dans le respect de l'autre et de ses différences et pour la célébration de notre complémentarité" pendant que tu y es ! Tu mets la barre trop haut si tu veux mon avis. Ce dont tu rêves, c'est le résultat d'un travail de longue haleine qui commence par des manifestations comme celle-ci qui permettent à beaucoup d'associations de faire parler d'elles. C'est un rendez-vous mais pas une fin en soit. Et une façon de conduire des actions de masse. Pas la peine de prendre rendez-vous, la date est déjà fixée.

- Encore faudrait-il que les actions aient de l'impact. Le combat devrait être quotidien. Et tu le dis, un "travail qui commence" ! Aujourd'hui on ne devrait pas en être à expliquer aux gens qu'on ne peut pas mépriser la moitié de l'humanité !

- Malheureusement c'est ça la réalité, c'est là que nous en sommes. Et pour mener un combat il faut se mettre au niveau de la situation, aussi pathétique puisse-t-il être. Il n'y a qu'à voir ce qui s'est passé au cours du dernier match de l'EN pour savoir que chez nous, les mentalités ont miraculeusement mis la main sur la machine à remonter le temps.

- On aura eu la journée anti-femmes et la Journée de la Femme en une seule semaine. Je suis sûre que si l'EN avait gagné, tout le monde aurait dit que les supportrices leur ont porté bonheur.

- Tu es optimiste, le sexisme n'a pas vraiment de limite.

- Donc finalement, selon toi, dans un pays où les femmes sont insultées et agressées pour être allées voir un match, il est bon qu'on ait au moins une journée pour répondre à ces insultes ?

- Et oui. Nous avons des années de retard sur notre siècle, et des siècles de retard sur notre millénaire. Certains hommes tiennent plus à préserver leurs gradins que leur dignité d'être humain et…

- Stop ! Tu es en train de me voler la conclusion et pour la Journée de la Femme, j'ai le privilège du dernier mot !

- Désolé, je me suis laissé emporter. Vas-y.

- Merci. Donc je reprends. Certains hommes tiennent plus à préserver leurs gradins que leur dignité d'être humain et certaines femmes refusent à d'autres ce dont elles ne veulent pas ou ce à quoi elles n'ont pas eu droit car malheureusement, les hommes n'ont pas l'apanage de l'étroitesse d'esprit. Dans une société où on cherche davantage à écraser son voisin qu'à travailler à son propre épanouissement, on devrait aussi avoir une journée du Respect, une journée de la Communication, une journée de l'Humanité et une journée pour penser avec son cerveau et non avec ses préjugés ! Alors tant que régneront la haine, le mépris et la violence, la Journée de la Femme aura de beaux jours - c'est le cas de le dire - devant elle.

- Bien dit.

- Chut, on a dit, c'est moi le dernier mot !


 Nanou


Par Nanou - Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires
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