Mardi 14 octobre 2008
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Quelle est l'importance de notre reflet dans le regard d'autrui ? Sommes-nous ce que nous croyons être ou ce que les
autres croient voir de nous ? Sommes-nous à l'image de ce que nous sommes ?
On ne se reconnait pas toujours dans la description que font les autres de nous. Qu'il s'agisse de gens qui nous apprécient ou qui nous méprisent, personne ne semble voir qui nous sommes
vraiment, comme des visiteurs observant le paysage d'une même maison mais de fenêtres d'orientations différentes. Ceux qui nous aiment oublieront nos défauts mais ceux qui nous méprisent n'auront
aucune complaisance dans leur jugement au risque de perdre de vue la réalité. Aucun des deux n'est objectif, alors quelle importance accorder à chacun ?
Parfois quelqu'un semble voir à travers nous, nous comprendre comme s'il pouvait lire dans notre âme. Il sera flatteur, parfois à l'excès, mais nous le lui permettrons, pour soigner notre
amour-propre profondément meurtri. Le temps passant et faisant son œuvre, son regard changera. Il ne verra plus que nos défauts lui qui ne nous donnait que des qualités. Peu importe le
cheminement qu'aura suivi son esprit, il ne pourra plus revenir en arrière et de la flatterie excessive, il passera à la critique abusive. Une seule et même personne peut devenir deux êtres
différents. Et comme il est douloureux d'être jugé(e) par celui que nous avions laisser entrevoir une partie de notre âme. Et comme il est difficile d'ouvrir à nouveau les portes de son cœur
quand le dernier à être entré a fini par souiller les lieux.
Nul ne nous connait vraiment et ne peut réellement nous juger, ni même nous jauger. Mais nous
n'existons que dans le regard des autres, nous n'avons pas la capacité de nous donner une essence par nous-mêmes. Comme le disait Sartre dans Huis Clos, l'enfer c'est les autres, mais la vie
c'est les autres également. On peut être marginal et refuser ce regard, quel qu'il soit. Nous pouvons choisir la solitude au jugement hâtif, ce vice humain dont il est si difficile de se
détacher. Partout et toujours, les gens auront une opinion, un avis tranché sur ce qui est bien ou mal, sur ce que nous devons être, au mépris de ce que nous étions avant qu'ils ne s'invitent
dans nos existences. Si tout le monde a une morale imparable et un savoir sans limite, comment se fait-il alors que le monde marche sur la tête, que le bien et le mal n'existent plus et que nous
vivions continuellement à la frontière de l'inhumain ? Il est toujours facile d'être sage quand il s'agit des autres. Il est également facile de décider à la place des autres quand on n'a aucune
implication sentimentale dans l'histoire que nous voulons réécrire. Il est facile d'être un homme ou une femme bien quand on est détaché(e). Mais la vie, c'est beaucoup de gris, un peu
d'obscurité, quelques rais de lumière et énormément de flou. La vie c'est surtout du cas par cas. Si chaque histoire n'est pas unique, elle l'est pourtant pour nous.
Ne me jugez pas pour ce que je ne suis pas. Jugez-moi encore moins pour ce que vous croyez que je suis. Mais ne me jugez surtout pas pour ce que je ne suis déjà plus.
Par A comme Algérie
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Il est vrai que vu de mon lointain douar Breton, la distanciation m'est plus facile.
Alfine salam
Il est vrai que je trouve que l'être humain est une source continuelle de déception et c'est d'autant plus paradoxal que je suis humaniste. Mais je n'en suis pas à une contradiction près...